Editions l'assoiffé

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Ma peste de vie (Claudio Lavazza)

 

Ecoutez ici un entretien téléphonique avec Claudio Lavazza, réalisé lors de la sortie de son autobiographie en Italie (2011)

Qui est Claudio Lavazza se comprend dès la première page de ce livre : les actions dont il est accusé parlent clairement. Un rebelle, un guerrier, qui a participé, ensemble avec tant de jeunes de sa génération, à la tentative de changer la société et le monde, assumant l’entière responsabilité de l’avoir fait avec tous les moyens adéquats.
Son autobiographie n’est pas seulement un témoignage de plus sur la lutte armée de la fin des années 1970 et du début des années 1980, mais c’est aussi le portrait d’un homme qui, cas plutôt rare pendant les périodes de répression impitoyable de l’insurrection armée en Italie, ne s’est pas enfui à l’étranger pour se satisfaire des promesses de gouvernements plus ou moins protecteurs, n’a pas accepté la condition de réfugié politique, mais apoursuivi la lutte au-delà des Alpes, mettant en pratique avec une cohérence lucide les principes de l’internationalisme prolétarien et démontrant que, comme l’injustice et l’inégalité, l’urgence même de les combattre ne connaît pas de frontière.

Avec une discipline de fer et une détermination consciente, Claudio ne pense pas à s’enrichir ou à se ranger, même si les expropriations pour lesquelles il a été condamné ont rapporté des butins plus que confortables. Il poursuit la lutte, affrontant les difficultés de tout exilé et de tout persécuté. Claudio ne prétend pas tirer des conclusions de son expérience parce qu’il ne la considère jamais terminée, même quand, en décembre 1996 à Cordoue, il est blessé dans une fusillade et arrêté : sa bataille continue aussi en prison, et aussi dans cette « prison dans la prison » qu’est le régime FIES de l’État espagnol, auquel il sera soumis pour une très longue période.
Une expérience de plus de trente ans, qui unit sans regrets les luttes d’hier et celles d’aujourd’hui, avec une vision concrètement internationaliste et obstinément radicale. Radicale comme ces valeurs et ces désirs qui, malgré la peur et la résignation qui semblent régner souverainement sur notre coin du monde, restent encore aujourd’hui indispensables et chaque jour plus urgents à assouvir.
À travers ses récits, encore une fois, Claudio nous transmet la force qui a animé ses batailles, mises à dure épreuve par l’exil au début et par la prison jusqu’à maintenant, sans perdre l’enthousiasme qui lui a permis d’affronter, jour après jour, l’isolement et la torture de l’enfermement.
Un enfant pestiféré, Claudio. Un rebelle, un anarchiste, un guerrier, un expropriateur qui, dans l’ardeur d’une bataille sans trêve, a su conjuguer ses vertus aux durs temps présents.

283 pages, format A5, 10 €

 

Entretien téléphonique avec Claudio Lavazza (2011)

Category: General

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« Tous les moyens sont bons ! Mais les plus occultes sont les meilleurs. Du feu ! Du sang ! Du poison ! Pacte avec la mort ! »
 

Voilà ce que proposaient des anarchistes marseillais dans les colonnes de leur journal en 1884. C’est ainsi qu’il nous plaît d’imaginer, aujourd’hui, l’idée intrinsèque à ces édtiions. Pas une perspective populaire qui attend mais une conflictualité permanente et nécessaire.
Continuer à souffler sur les brases, attiser la haine de ce monde mercantile et mortifère et du militantisme de la résignation, qui n’est que sa fausse opposition.
L’assoiffé n’est pas une fin mais un moyen qui la contient. Non pas une collection de textes politiques pour s’endormir sereinement le soir, mais des instruments d’agitation pour incendier la nuit.
Divertissons-nous, nous n’avons qu’une vie…